n°45-46 – 2013 – 08

AGIR SUR LES MOBILITÉS RÉSIDENTIELLES EN SITUATION URBAINE INCERTAINE

RÉFLEXIONS A PARTIR DE L’EXEMPLE STÉPHANOIS

CHRISTELLE MOREL JOURNEL, VALÉRIE SALA PALA

Cet article interroge le rôle des politiques urbaines contemporaines dans la construction des mobilités résidentielles, en faisant l’hypothèse que ce rôle est en profonde recomposition, sous l’influence notamment de la nouvelle doxa néolibérale et de son référentiel quasi-absolu d’attractivité. Tout un ensemble de travaux académiques a souligné la montée en puissance des stratégies d’attractivité et leur impact sur le peuplement des villes, lisibles dans des processus de gentrification parfois agressive et dans l’éviction des plus modestes. L’enquête de terrain conduite à Saint-Étienne et dans son agglomération conduit à nuancer cette analyse. La tentation de faire de l’attractivité le moteur principal des politiques urbaines stéphanoises est bien présente à la fin des années 1990 et amène les acteurs locaux à formaliser une stratégie Habitat inexistante avant 2004, qui traduit bien la volonté d’agir sur le peuplement et les mobilités résidentielles. De fait, la Ville de Saint-Étienne, bien souvent adossée aux services de l’État local, s’efforce de développer une capacité d’action en la matière – inédite dans la configuration urbaine locale. Cette mobilisation et stabilisation du système d’acteurs local autour des enjeux d’habitat, si elle constitue une ressource pour un projet urbain qui peine encore à se définir, ne suffit pas à infléchir les mobilités résidentielles dans une situation urbaine caractérisée par des incertitudes multiples.

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